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Ces dernières semaines j’ai multiplié les contacts téléphoniques avec plusieurs personnes qui apprécient ce blog et qui ont comme projet de se lancer dans le cursus de formation BPJEPS pour devenir Moniteur de Pilotage. J’en suis ravi, car c’est le but initial de ce blog, partager une expérience de changement de vie et apporter à ceux qui ont le même projet que moi, ce que je n’ai su trouver à ce moment là, juste avant de sauter le pas.

Pour chacun, j’ai du préciser que ce parcours est présenté sur ce blog uniquement  sous l’angle positif qui caractérise ma façon de voir les choses ET qu’il manque donc maintenant un article qui donne quelques éléments indispensables pour éviter à certains une GRAVE erreur.

Au final, je ne veux pas influencer vos choix et vous conduire à une situation qui pourrait se révéler différente de ce que vous imaginiez par la faute d’un récit trop positif lié à ma nature profonde… Je veux être certain que vous ne vous trompiez pas. Il fallait donc aborder le côté sombre des choses, ce qui est difficile voir insurmontable pour certains.

  1. Changer de vie réclame un grain de folie (à ce propos, je vous recommande l’article rédigé par ma compagne!)
  2. Tout aussi déraisonnable, investir environ 15.000€ dans un parcours de formation qui va vous conduire à travailler en stage, vous déplacer, vous loger, vous nourrir et induire un autre bout à 15.000€, tout cela sans pouvoir réellement travailler pendant ce temps… Soit un budget de 30.000€ pour une parenthèse enchantée de 9 mois durant lesquels vous allez travailler dur pour devenir un moniteur de pilotage débutant.
  3. Ensuite à 200€ la journée, si on occulte les frais de déplacement, il vous faudra 150 jours pour la rembourser. Avec les frais, c’est probablement plus près des 200 à 250 jours de travail que vous devrez réaliser. A 15 jours de travail par mois, comptez 18 à 24 mois pour rentrer dans votre investissement! Et 15 jours, c’est un super mois!
  4. Le parcours en lui même : Attention, ce n’est pas une école de pilotage mais une école de « professeur » de pilotage. Donc, ce n’est pas là que vous aller apprendre à piloter. Mais par contre c’est probablement là que vous allez prendre conscience de votre niveau.

Bon, j’ai lu et relu les 4 points précédent et je suis toujours déterminé…. Eh bien, bravo! Relisez encore, peut être plus tard, de temps en temps. C’est important. Toutefois, vous pouvez maintenant passer aux points suivants.

Ce qui est certain : Sur ce chemin, vous allez enfin vous sentir moins seul, il y a quelques autres barjots qui partagent avec vous cette passion de l’automobile et du pilotage sous toutes ses formes. Vous aller aussi partager un effort très important avec vos camarades pour passer de spectateur à acteur, de pratiquant à formateur. Passer cette frontière demande beaucoup de travail, tôt ou tard.

A ne pas oublier : vous pouvez finir certifié sans être au niveau, le marché se chargera alors de vous renseigner sur votre véritable potentiel. Comme me l’a dit un jour un de nos formateur, il n’y a que les bons qui travaillent… Ce qui ne veut pas dire qu’on achète le diplôme, on achète simplement le cursus. Réussir à l’examen est réalisable, mais ça ne suffira pas à travailler vraiment.

Donc, c’est dur, dur, dur et en plus ce n’est que le début de l’histoire. Ce n’est qu’une fois certifié que la vie va commencer. A ce moment là, vous avez produit un effort monumental et tout reste à faire. C’est à cet instant que votre prestation doit devenir celle d’un professionnel. Vous devrez délivrer une valeur ajoutée qui justifiera qu’on vous préfère à un stagiaire, gratuit… Et oui, car chaque année, de nouveaux stagiaires en formation vont venir en structure. Ce qu’il faut comprendre c’est la notion de valeur ajoutée, vous devez valoir plus qu’un gars gratuit et hyper motivé. Ceci implique bien plus que 200€ de salaire par jour, il faut assurer une prestation qui ne laisse aucun doute à celui qui doit vous la payer que c’est justifié et mérité.

Vous voyez, écrire cela me soulage car j’ai eu peur d’être responsable de désillusions chez certains d’entre vous mais le plus fou reste à lire :

Si c’était à refaire, je le ferais. Je pense avoir trouvé ma vocation. J’aime ce que je fais, ce que je vis. Parfois c’est difficile et c’est bon signe car c’est aussi la preuve que cette vie me devient familière mais jamais je me dis que j’ai fait une erreur. Je n’ai plus de patron, j’ai des partenaires, des amis et des clients. Je n’ai jamais travaillé autant sans plus jamais avoir l’impression de travailler. Je suis, à certains moments plus que d’autres, soumis au vertige des risques et engagements pris dans mes projets mais ce qui me rassure c’est quand j’avance, que je travaille, que je propage ma passion. C’est comme piloter, il y a des risques mais on y pense pas, rassuré par l’attention qu’on apporte à notre action sur les commandes du véhicule et la confiance que l’on a en soi.

J’aime les gens que j’ai rencontré sur ce chemin. Rien que cela justifierait l’aventure. Que ce soit parmi les stagiaires que j’ai accompagné dans leur pratique ou parmi les professionnels que j’ai croisé et qui m’entourent aujourd’hui. Tous valent la peine de se lancer.

6 mois que je travaille sans en avoir la sensation. J’en accumule la fatigue et le bénéfice. C’est dense, intense, trépidant mais ce n’est pas stressant. Je n’ai plus de fatigue nerveuse, plus que de la fatigue physique que j’efface en retrouvant ma femme, ma fille, les enfants, la famille, les amis.

Bonne route!

IMG_0586 - Version 2Merci d’avoir lu cet article un peu particulier.


A propos de Julien GUYOT

Moniteur de Pilotage et organisateur de stage, terre et asphalte. Formé chez Drive Control. Je travaille aujourd'hui à 80% sur la terre et 20% sur l'asphalte.

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8 commentaires sur “Avertissement

  • Julien GUYOT Auteur de l’article

    Désolé pour cette réponse tardive, j’ai eu des pb avec mon site. J’espère que tout s’est bien passé pour vous. 🙂

  • Labourel Mickael

    Bonjour ,
    Je souhaite faire une reconversion professionnelle ( actuellement agent de maîtrise SNCF ) et comme je suis un passionné de sport automobile depuis toujours … Je me suis décidé à passer le BPJEPS .
    Votre blog est très enrichissant , a la fois me rassure et me conforte dans l’idée que je me fais de ce diplôme .
    Je dois passé les tests d’admission le 9 et 10 octobre , a la FFSA academy au Mans , auriez vous des conseils pour aborder ces 2 journées de test ?
    Merci d’avance
    Micka .

  • Julien GUYOT Auteur de l’article

    Bonjour Madame. Effectivement ce serait bien de pousser ses études au maximum avant cette bascule. Il est en effet important d’avoir la meilleure ouverture d’esprit dans ce métier comme dans d’autres. Attention car ce n’est pas des écoles de pilotage. Enseigner le pilotage exige d’avoir avant ce cursus un bagage technique personnel suffisant. C’est ce point qui est parfois difficile à détenir aussi jeune. Mais je ne connais pas son parcours en sport auto alors vous jugerez. Ceci dit, de nombreux moniteur sont jeunes, entre 20 et 30 ans. Je fais office un peu de senior dans mon métier bien que des professionnels plus âgés exerces (en particulier la première génération de moniteur, avant l’apparition du diplôme). Si nécessaire contactez moi directement pour en discuter.

  • puglisi

    Bonjour,
    Je suis la maman d’un jeune adulte de 18 ans (disons plutôt un « enfulte » !), très bon élève de terminale ES (éco et social),passionné d’automobile, et qui voudrait réaliser son rêve: devenir pilote instructeur automobile.
    Vous comprendrez bien que je suis très inquiète de ce choix d’orientation !! D’autant qu’il y a encore quelques semaines il pensait s’orienter vers une prépa commerce…et il envisageait de passer le brevet de pilote instructeur après.
    Je serais bien évidemment ravie qu’il puisse aller au bout de son rêve mais je ne sais pas s’il réalise vraiment ….
    Je souhaiterais donc avoir votre avis sur la question. N’était-il pas trop jeune pour se lancer dans cette aventure ? Pourrait-il faire autre chose avant ? Avez-vous d’autres témoignages plus actuels ?
    Merci d’avance pour votre aide.
    Très bonne journée
    Isabelle
    Isabelle

  • Julien GUYOT Auteur de l’article

    Merci Nicolas pour ce commentaire. C’est dans ce but que ce blog a été crée au départ. Tous mes voeux de réussite dans tes projets.

  • Vacarises

    Merci pour ce blog et cette franchise. J’ai conscience de me lancer un sacré défi mais quand je lis vos articles cela relance ma motivation.

  • admin Auteur de l’article

    Mes coordonnées sont sur le site, dans le menu. Contactez moi, tout simplement,nous en discuterons de vive voix. Merci de ce commentaire.

  • lachaud

    Bonjour,

    Passionné depuis des années et très intéressé par la formation, je consulte très régulièrement votre blog.

    Ayant une situation professionnelle stable, sure et toute tracée, il est vrai que le côté financier est très important dans une prise de décision qui doit être plus rationnelle que  » passionnelle ».
    Jusqu’à présent vous n’aviez jamais évoqué le côté financier de l’après formation.

    Vos deux derniers articles, dont celui de votre compagne sont très intéressants et abordes clairement certaines questions que l’on est en droit de se poser.

    Vous parlez de 200€ par jour et environ 15 jours de travail par mois…….le calcul est vite fait….donc 3000€ par mois……mais je ne pense pas que ce soit si simple……je suppose que vous avez des frais (transport, essence, resto, hôtel…)…ces frais sont ils pris en charge par les structures qui vous embauchent ou sont ils a votre charge ? ….sous quelle forme juridique exercerez vous votre activité ? (auto-entrepreneur, libéral, sarl…..)…et la question qui intrigue tous le monde et surtout moi…..une fois tout payé…..combien vous reste t il à la fin du mois ?

    Vous précisez que 15 jours de travail par mois….c’est bien…..pourquoi ?
    Il n’y a pas de travail pour tout le monde ?…… a quel salaire un moniteur débutant peut-il prétendre….en prenant en compte qu’il commence de zéro et qu’il va falloir passer quelques temps à se faire connaitre et à se vendre.

    Pour ma part, je suis fonctionnaire, j’ai un salaire mensuel de 2750€ par moi…..je ne parle pas des 150 jours de conges dont j’ai droit car je pense qu’il n’y a rien de plus beau que de vivre de sa passion….donc même si il n’y a plus de jour de repos ce n’est pas grave…..mais est ce que le côté financier, avec un implication de 300%, peut être identique ou alors est il plus raisonnable d’envisager ça comme une activité complémentaire ?

    Bon, je sais ça fait beaucoup de choses….j’espère que vous aurez l’envie et le temps de m’apporter vos lumière afin de m’éclaircir un peu les idées car comme vous l’aurez compris, j’ai peur que l’après formation soit très compliqué……!!!!!

    Avec tous mes remerciements.
    Continuez ainsi……

    J.L