Rallye du Var Historique 2014


La belle aventure! 100% Rallye version Historique avec option TOP DRIVER.

Un des pilotes qui nous a fait rêver ado a demandé au Garage Caruso & Fils de le faire courir : François Delecour ! Qui plus est avec un copilote à la personnalité qui pourrait sortir d’un film : Dominique Savignoni, alias Doumé ! Suivre ce lien pour la bio de ce pilote.

Ni une, ni deux nous voilà tous embarqués dans une nouvelle aventure mécanique. Bénévoles, motivés, réunis autour d’André Caruso qui met à disposition sa 911 SC groupe 4. Après tout, François roule « gratuit », c’est logique que nous mettions tous nos efforts en commun pour saisir cette chance de montrer à nouveau et à tous le niveau de performance d’une Porsche construite et préparée par Caruso.

C’est la « belle bleue » qui a débuté au Monte-Carlo Historique 2014 (VHRS) entre les mains de Philippe Demanet puis a fini 10ième au Tour de Corse Historique 2014 (VHC) avec cette fois Jean Claude Torre au volant. Fiable et performante, au Var Historique, la belle va trouver un pilote qui va l’exploiter encore plus fort que précédemment. C’est normal, François Delecour est un pilote de classe mondiale qui a fini vice-champion du monde des Rallyes quand nous, nous abordions la majorité ou la vingtaine… Pile le bon moment pour que nous ayons tous le sentiment de faire un rêve que nous n’avions même pas imaginé en le voyant rouler pour le Team Caruso, il a marqué nos esprits, tatoués même. C’est aussi ça l’Historique, croiser le chemin de pilotes qui nous ont fait rêver.

En l’espace de 30 jours on a côtoyé Andruet, Panizzi, Vaison, Gache et maintenant Delecour! Quelle vie enrichissante ! A chaque fois, j’observe et savoure ces occasions de faire grandir mon niveau de connaissance, celui qui est le fruit de moments partagés et pas simplement d’ouvrages ou d’iconographies.

Le Tour de Corse avec JC Andruet m’avait laissé un goût amer en bouche. Son exigence et la complexité de sa personnalité nous avait un peu perturbé, mais cette fois c’est un soleil qui nous rejoint. François semblait tellement heureux de prendre le volant d’une légende. L’occasion pour nous de tourner une page et d’en écrire une nouvelle, pleine d’énergie positive et de passion.

De la visite impromptue au garage à vélo, à la séance d’essai sur les hauteurs de Castellane, sans oublier la course et le malheureux abandon, à chaque étape François nous a gratifié d’une énergie de champion heureux de réaliser lui aussi son rêve. Inoubliable. 

L’apport au moniteur? Observer François au volant durant la séance d’essai. Évaluation et séquence d’action au freinage de très haut niveau. Permet d’ajouter des graduations à mon propre instrument de mesure. Utile et inspirant. Mr « freine tard » m’a montré sa technique.

Tous ces événements sont visibles sur les Facebook du Team Caruso et de Carnet de Pilotage. Ici c’est mon débriefing à froid mais encore chaud… Je reprends…

Pour ma part, j’ai repris mon rôle de logisticien (mon dossard depuis la Corse). Réservé l’hôtel, passé les vérification administratives (avec Doumé, mémorable), assuré le relai de communication entre le copilote et le team tout au long du Rallye et de sa préparation (le 115 c’est moi), fait les courses (à la Française, fromage qui pue et vin rouge), participé aux assistances dans le rôle très physique de « la montre » (du coup j’ai acheté ensuite une pendule chez IKEA), conduit le véhicule d’assistance rapide aux côtés d’André qui recevait les appels de François à chaque sortie de spéciale (baptême du CR-V familial) etc.

D’ailleurs ça c’est tout simplement un truc surréaliste ! En fin de spéciale, François appelait André pour lui livrer ses impressions à chaud. Mode débriefing d’un pilote à son chef d’écurie. A chaque fois qu’André raccrochait je lui disais, tu réalises? Toujours la même réponse émue : non… C’est des émotions inoubliables ça. J’étais tellement heureux pour lui, Olivier Caruso, sa famille, sa tribu. Voir leur travail devenir de plus en plus reconnu. Respect.

best shot

Réveil en plein songe… Deuxième jour, 3 ES et c’est fini.

Une claque monumentale. Le mardi précédent, l’alternateur a été remplacé par un neuf par précaution lors de la révision du moteur entre séance d’essai et départ. Et c’est cette pièce qui a rendu l’âme ! Régulation, redressement, peu importe la fonction de l’alternateur qui a lâché, la batterie est entrée en ébullition (merci à Xavier pour les explications techniques sur les fonctions de cette pièce). Privé de la qualité de l’étincelle à la bougie produit par un alternateur opérationnel, le moteur a perdu en puissance, peu à peu. François pour compenser a « tapé dedans »…rupteur…chauffe… légère fuite d’huile… fumée… jusqu’à ce que tout s’arrête. Batterie épuisée, bouillie, brulante. Entre l’ES3 et l’ES4 c’est l’abandon. Heureusement et comme s’en souciait François, le moteur est indemne. Il accordait beaucoup d’importance à ce que ce formidable moulin n’est pas souffert, il a été impressionné par ses performances… Un respect qui fait plaisir et un jugement qui encourage.

On arrive sur place avec André et il ne peut que constater les dégâts et conclure que c’est fini, le Rallye s’arrête là, maintenant, si tôt. Ceci permet aussi de comprendre comment on est passé de l’avance creusée en ES1 à des performances dans le rang ou en retrait. Sans un allumage en l’état, les plus de 300 chevaux de ce flat6 ne sont plus au rendez-vous. Quel dommage, quelle frustration, quelle déception. J’ai même proposé de donner ma batterie de véhicule d’assistance rapide même si pour cela je devais rester sur le carreaux mais elle ne pouvait s’adapter. Bref, on a tout tenté. Avec le recul on sait ce que l’on ne ferait pas et ce que l’on ferait différemment  mais c’est fait, c’est trop tard et c’est ainsi.

Et là c’est à nouveau François qui nous montre l’exemple. Il surpasse la déception instantanément et part cueillir des champignons dans les sous-bois qui bordent le bord de la route ! Il les fera cuire à midi en rentrant chez lui… Après que je l’ai raccompagné, lui au volant… Mon CRV peut maintenant dire à ses voisins de supermarché qu’il a été conduit par un (vrai) champion…

D’ailleurs, j’ai aussi appris un autre truc. Je l’avais lu mais c’est quand même mieux de vivre et voir les choses. En tout cas pour moi. Un champion sait gérer  victoires et défaite. A la limite sur le chemin du retour, en rentrant chez lui, c’est moi qui me faisait consoler. Je ne pouvais masquer ma déception, éteint. Comme il me l’a dit alors, je me suis remis à regarder devant et c’est allé mieux, tout de suite projeter le regard au loin, vers d’autres projets.

Devant c’est loin ou pas? Prochains rendez-vous avec le Team Caruso : Monte-Carlo puis le Maroc. François et Doumé souhaitent aller courir au Maroc. Reste à trouver le budget, j’espère que ses partenaires Roumains seront de l’aventure sans cela c’est hors de nos moyens. Entre les deux, on va monter courir sur neige puis boue avec Frank Servais. Je suis entouré de fou et du coup je me sens normal. Du boulot en perspective.

Pour conclure cet article où je partage avec vous ma façon singulière de vivre et restituer mes expériences, j’ai produit deux vidéos visibles sur youtube. L’une montre en accéléré nos deux assistances du Var Historique. C’est un projet que j’ai en tête depuis un moment et dont cette vidéo est le premier opus. Je l’adore. Le morceau de la bande son à un titre qui reflète bien notre attention pour François et Doumé… La deuxième c’est tout simplement la caméra embarquée de la première ES ou l’équipage Delecour-Savignoni colle une valise au second, sur une Almeras… On à peine à croire que la piste est humide et froide, performant le PB20 de Michelin… Bref, jugez vous même.

Vivement la suite non?

 

 


A propos de Julien GUYOT

Moniteur de Pilotage et organisateur de stage, terre et asphalte. Formé chez Drive Control. Je travaille aujourd'hui à 80% sur la terre et 20% sur l'asphalte.

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